LA CHAPELLE STE CATHERINE

La chapelle est ouverte pour les journées du patrimoine, et sur rendez-vous auprès de Maurice GELAY : 04 74 03 80 06.


Les fresques

Le village de Jarnioux comporte, au centre du vieux bourg, le bâtiment d'une vieille chapelle, assez vaste, d'architecture très ancienne : la chapelle Ste Catherine. La présence de cette chapelle surprend quand on sait que la paroisse de Jarnioux n'a été créée qu'en 1853 et que Jarnioux relevait précédemment de celle de Ville/Jarnioux.

 La Chapelle Ste Catherine résulte de la création le 10 mai 1335 d'une institution propre à Jarnioux : la Prébende de Jarnioux. Peu avant cette date Jean de Gléteins, fils cadet du Seigneur de Jarnioux vient d'être assassiné dans des circonstances que nous ne connaissons pas par Guy de Francheleins, Chevalier, Milon de Charnay, Guillaume du Verney et Hugonin de Navilly, Seigneur de l'Abergement.
 Pour éviter que le cycle des représailles s'éternise et ensanglante tout le pays, les parties concernées décident de s'en remettre à l'arbitrage d'un médiateur respecté et signent le 10 mai 1335 à Sainte Colombe, faubourg de Vienne, un compromis de paix, conservé depuis lors aux archives du Château de Jarnioux. Le Seigneur de Jarnioux est représenté par Thomas, Hugonin et Etienne de Gleteins, respectivement oncle et frères du défunt  et par Etienne de Liergues, parent du défunt ; les 4 assassins sont représentés par Édouard, Sire de Beaujeu.  

L'accord stipule que les assassins devront, à leurs frais, construire une Chapelle dans le bourg de Jarnioux Peintures muralesqui en était alors dépourvu et instituer une Prébende permettant d'assurer à perpétuité la subsistance de deux chapelains chargés de desservir la chapelle. En termes modernes, cette Prébende était une Fondation, propriétaire de bâtiments et terrains agricoles, dont les revenus étaient assurés aux "Prébendiers", les deux chapelains desservant la Chapelle. Le seigneur de Jarnioux, principal requérant dans le compromis, recevait à perpétuité le droit de nommer les Prébendiers de ladite prébende.
Les Assassins étaient en outre condamnés à passer chacun 3 jours et 3 nuits dans la prison du château de  Jarnioux et, pour deux d'entre eux, à partir deux ans en pèlerinage à Jérusalem pour y prier pour le repos de l'âme de leur victime : peine de prison bien symbolique et éloignement forcé donnant aux assassins loisir de méditer sur leur forfait pendant que sur place les esprits s'apaisaient et la paix locale revenait avant leur retour.  

 Ainsi fut construite la chapelle Ste Catherine et s'explique qu'y figure, sur la clé de voûte de la chapelle latérale le blason losangé des Gleteins,  armoiries du défunt. Les archives du château contiennent de nombreux documents relatifs aux nominations des chapelains successifs et à l'évolution du patrimoine de la Prébende. 
Cette institution fonctionna et permit à la population de Jarnioux de disposer d'un lieu de culte local pendant 450 ans, jusqu'à la Révolution française et au vote le 12 juillet 1790 de la loi de Constitution Civile du Clergé qui supprimait tous les titres et bénéfices religieux et confisquait les biens de l'Église comme biens nationaux. 

 Après la Révolution, la chapelle était en fort mauvais état, mais les habitants de Jarnioux, voulant disposer d'un lieu de culte plus proche que l'église de Ville/Jarnioux prirent sur eux de la remettre en état et, après la signature du Concordat, multiplièrent les interventions auprès de l'Évêché de Lyon pour que la chapelle soit transformée en paroisse ou au moins en annexe officielle de celle de Ville. Ces efforts restèrent longtemps vains.  

 Enfin en 1853 est créée la paroisse de Jarnioux et la chapelle Ste Catherine trouve son statut plus normal d'église paroissiale.

 L'inauguration de la nouvelle église en 1889 la replonge alors de nouveau dans son rôle actuel de témoin d'une institution très ancienne fondée par nos aïeux pour le repos de l'âme de leurs défunts et qui leur avait assuré pendant 4 siècles et demi la disposition d'un lieu de culte permanent propre au village de Jarnioux.

(Reproduit avec l'aimable autorisation de M. Gabriel De Clavière)

Inscription au sol

 

 


 

Peintures muralesVendue en 1889 pour la somme de 4200 francs à M. Montibert, menuisier à Jarnioux, la chapelle a été divisée en deux lots : la nef d’une part, et le chœur la Sacristie, d’autre part.

Ce deuxième lot a été racheté par la commune en 2001. Dès lors, il a fait l'objet de recherches de la part d'Elizabeth CHAMPELOVIER (comité du pré-inventaire) qui ont entre autres permis de mettre au jour des peintures murales de différentes époques.

La commission patrimoine de la mairie et l'association A l'Ombre du Chêne y ont réalisé une exposition pendant les journées du patrimoine 2008, 2009 et 2010.

Pour avoir davantage d'informations, vous pouvez contacter l'association "A l'Ombre du Chêne" cf. fiche association.

Dans le but de valoriser et d'exploiter la chapelle, la municipalité a sollicité un architecte afin d'obtenir un permis de construire pour la mise hors d'air du bâtiment.

A noter qu'un groupe de musique (acoustique) y était attendu pour les festivaux off du Blues à Jarnioux 2009 et 2010.


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lundi 29 mai 2017