Le geste durable du mois d'avril

Par la commune de Porte des Pierres Dorées (69)
 
En avril, j'observe et je favorise la biodiversité locale

Dans un contexte mondial d'effondrement de la biodiversité, pour y remédier à mon niveau, j'observe et je favorise la biodiversité locale.

(observation des premières hirondelles et orchidées, implantation de haies, mares, nichoirs, zones en herbe non fauchées, extinction de l'éclairage nocturne...)


L'érosion de la biodiversité, une menace pour l'humanité au même titre que le changement climatique

La biodiversité connaît une crise sur tous les continents, mettant en danger l'humanité, selon quatre rapports (fruit de trois ans de travail de 550 experts mondiaux issus d'une centaine de pays) publiés vendredi 23 mars par l'IPBES*, le «Giec de la biodiversité». Parmi les principaux facteurs de pression, l'agriculture, la déforestation, le changement climatique et les espèces invasives. Cette sixième extinction massive - la cinquième était il y a 65 millions d'années avec la disparition des dinosaures - s'illustre par un taux de disparition des espèces 100 fois plus élevé que dans les périodes de stabilité. Et l'homme est sans conteste la cause principale, voire unique, de ces disparitions en masse.

* IPBES: Plateforme mondiale intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques

  • L'homme coupable et victime

Bien au-delà de la disparition de quelques espèces emblématiques (par exemple disparition du dernier mâle Rhinocéros blanc du nord), cette chute de la biodiversité constitue pour l'humanité une menace aussi inquiétante que le changement climatique. Exemple, les pollinisateurs, dont le déclin mondial pose un défi majeur en termes de sécurité alimentaire.

 

« La biodiversité et les contributions de la nature à l'humanité ne semblent, pour beaucoup de gens, que de nature académique et très éloignées de la vie quotidienne», note le président de l'IPBES, Robert Watson. «Rien n'est plus faux: elles constituent le socle de notre alimentation, de notre eau et de notre énergie. Elles sont la condition de notre survie, mais aussi le cœur de nos cultures, de nos identités et de la joie de vivre», ajoute l'ancien président du Giec.

Il y a toutes les études qui montrent pourtant le rôle décisif des abeilles dans la pollinisation des plantes, qui montrent que la destruction des mangroves comme des récifs coralliens rendent de nombreux littoraux plus vulnérables aux effets du dérèglement climatique.

En Europe comme ailleurs, ce sont les changements d'usage des sols (suivis du changement climatique) qui sont la première cause de déclin de la biodiversité, en particulier l'agriculture intensive, l'exploitation forestière, l'extraction minière et l'urbanisation.

  • Un printemps de plus en plus silencieux dans les campagnes françaises mais pas encore irréversible

Un constat partagé il y a quelques jours par des chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui attribuent à l'agriculture, en particulier aux pesticides, la disparition depuis 2001 d'un tiers des oiseaux dans les campagnes françaises. Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent ainsi à une vitesse vertigineuse.

La disparition en cours des oiseaux des champs n'est que la part observable de dégradations plus profondes de l'environnement. Que les oiseaux se portent mal indique que c'est l'ensemble de la chaîne alimentaire qui se porte mal. Et cela inclut la microfaune des sols, c'est-à-dire ce qui les rend vivants et permet les activités agricoles. Ce n'est pas un problème d'agriculteurs, mais de modèle agricole : si on veut enrayer le déclin de la biodiversité dans les campagnes, il faut en changer, avec les agriculteurs qui en sont aussi victimes.

  • Un effondrement de la biodiversité global

Selon l'IPBES, 28% des espèces endémiques à l'Europe et à l'Asie centrale sont menacées d'extinction. Parmi les plus en danger, les mousses (50% des espèces), les poissons d'eau douce (37%), les plantes vasculaires (33%) et les amphibiens (23%). Pas étonnant, quand on sait que 50% des zones humides européennes ont été asséchées depuis 1970. Au cours de la décennie écoulée, 71% des espèces de poissons d'eau douce et 60% de celles d'amphibiens ont vu leurs effectifs décliner.

En terme d'effectifs, notons par exemple que 80% des insectes ont disparu à l'échelle européenne mais aussi plus de la moitié des vertébrés en moins depuis 1970... ! avec une intensification du rythme de disparition.

De fait, cela entraine la réduction, pour nous les hommes, de nos options pour faire face à l'avenir.

Que faire concrètement à notre modeste échelle ?

Des actions plus ou moins simples peuvent être mises en œuvre (non exhaustif) : replanter des haies avec des espèces locales, entretenir et recreuser des mares, laisser des zones non fauchées jusque la fin de la floraison et de la reproduction de la faune (fauche tardive), favoriser l'extinction de l'éclairage nocturne, privilégier l'agriculture biologique, consommer local, privilégier le 0 pesticides, lutter contre les espèces invasives, intégrer à notre bâti des abris pour la faune locale, végétaliser nos façades,...

Eric BROUTIN, adjoint de la commune de Porte de Pierres Dorées

 
samedi 20 octobre 2018